SUR LES TRACES D’UNE COQUILLE
Petit topo d'un pèlerin à un.e pèlerin.e J'ai fait le choix de prendre du recul durant le début de cet été. Et quoi de mieux que d'arpenter le chemin de Saint-Jacques de Compostelle. Il fait partie des plus grandes randonnées de France, et outre les préjugés, il reste à lui seul une belle rencontre humaine et naturelle. Un retour avec soi-même qui fait du bien.
Puy-enVelay / Cahors
+ 400 km à pied
Année
2022
Faire Saint-Jacques-de-Compostelle, c’est bien plus qu’emprunter un simple chemin : c’est plonger dans un univers d’histoires, de vies et de paysages. Arpenter cette voie, c’est en quelque sorte participer à ses récits. Sans pour autant devenir soi-même un personnage, on devient pèlerin. Qu’on s’y engage pour le simple plaisir de marcher, pour une quête spirituelle ou à la recherche d’une réponse, c’est cet ensemble d’intentions qui forge toute la particularité de ce sentier long de 1 515 kilomètres.
En suivant le G65 de bout en bout, il est difficile de se perdre… sauf si c’est ce qu’on recherche. Sur le chemin, il n’y a pas de hasard, seulement des improbabilités. Plus on marche, plus on chemine, plus on apprend sur soi, et plus le sentier devient familier. On se laisse porter par l’attraction d’une rencontre passagère. Entre pèlerins, on s’apprivoise dans le sens de la marche. Le chemin caresse nos émotions ; il ne reste plus qu’à se laisser submerger.
« Les pieds sont les guides du cœur. »
Mouillé jusqu’à la sueur de mon front, j’ai marché sans réelle destination. C’était comme de la musique traversant le brouillard de mes pensées. Je me suis souvenu combien il était bon de se laisser porter par le vent.
J’aime raconter.
Mais j’aime tout autant écouter les récits des autres.
Partager les témoignages.
Avancer avec mes maux.
Saint-Jacques, c’est bien plus qu’une histoire spirituelle.
C’est une aventure humaine dans laquelle on peut se perdre.
Tout réinventer, marcher jusqu’à perdre pied.
Sur le chemin, on foule le bitume, les cailloux, la poussière, les racines,
avec pour seule compagnie soi-même.
Pourtant, c’est par l’autre que l’on se retrouve.
Que l’on apprend à mieux se connaître.
À trop chercher des cadres,
tout finit par sortir du champ.
Le temps, le jour, l’heure…
C’est à croire que tout ne fait plus qu’un.
Avec un seul objectif :
arriver au bout de l’étape.
Saint-Jacques, j’y suis allé.
C’était en été.
Le souvenir d’un temps suspendu,
passé à marcher.